Compte rendu du Rallye de La Sarthe 2010

Quand les éléments se déchainent durant tout le week-end ….

Pour ce rallye, la gestion fut à l’arrache. Pas de reconnaissances de spéciales de nuit, juste un tour du routier en voiture dans la semaine. Bref, on pense être prêt mais pas trop …..

Le vendredi ….

La galère commence le vendredi matin. Suite à un problème sur la voiture, je dois filer à la 1ère heure chez Norauto pour changer les disques. Arrivé là bas à 9h pour l’ouverture, ne me disant qu’ils vont me prendre de suite et qua ça ne durera pas longtemps. Résultat, je ne pourrais pas récupérer la voiture pas avant 11h. Je discute un peu avec le vendeur, et il s’arrange pour qu’elle soit prête pour 10h30. Le timing sera chargé, car je dois ensuite passer chez Aurore et David pour récupérer une dorsale, et une valise. La pluie tombe depuis 10h, la route est détrempée, et les pneus du CBR sont neufs de chez neufs, donc avec la paraffine encore dessus. Je comptais sur le trajet maison / La Suze pour les roder. C’est pas gagné !

De retour à la maison vers 12h, je décide de me mettre sur la moto, car j’ai encore quelques bricoles à faire dessus, notamment tester les longues portées (et oui, pas de reco de nuit). Le début de la prépa se passe bien (protections du pot, tapis de réservoir, ….). Je décide donc d’installer les longues portées, je les branche, enclenche l’interrupteur et là ….. rien !! Bon, pas grave, je vais regarder si un fil n’est pas débranché. Rien, que dalle, nada, tout est OK, mais les relais ne se déclenchent pas. Bon, on se calme, ni une ni deux, je décide de démonter la tête de fourche. Et là, je trouve le problème. Le dédoubleur du fil du plein phare est mal serré. Je remets tout ça comme il faut, je teste, et miracle, ça fonctionne. Vu mon excellent niveau en électricité, je m’en sors bien ! Donc c’est parti pour un remontage de carénages. Entre temps Franck m’appelle, il a une crevaison lente sur son pneu avant.

Franck arrive à la maison vers 14h30, on fait le tour de nos motos et on se rend compte que 2 ou 3 trucs ne vont pas (freinage des étrier sur le R1, bouchon de vidange sur le CBR, ….). On termine donc la préparation en speed. 15h, départ pour La Suze pour les vérifications administratives, techniques, et la mise en parc fermé de nos montures. Heureusement, le soleil s’est invité, la route à séchée, et je vais pouvoir roder les pneus.

On arrive à La Suze en même temps que Alex qui a bien galéré pour mettre le GSX-R dans le camion. On file au contrôle administratif. Tout se passe bien, et rapidement. On a même eu le droit aux œufs en chocolat.

De retour aux motos, dernières petites vérifications, et on part au contrôle technique. Franck est le 1er à passer. Manque de chance, il est refoulé car le freinage du filtre à huile a été fait avec un rizlan, alors qu’il faut un collier métallique. Il arrive à en trouver un auprès d’un concurrent, et monte ça à l’arrache sur le bord de la route. Il peut enfin mettre la moto en parc. Ensuite c’est au tour d’Alex. Etonnamment, tout se passe bien pour lui, mais il est vrai qu’il avait remit son pot d’origine en cas de contrôle sonomètre (contrôles qui auront été zappés suite à l’arrivée de la pluie). Il rentre donc en parc fermé sans encombre. A mon tour de passer, et je stress un peu car j’ai oublié de fixer un récupérateur pour les reniflards. Par chance, on ne me dit rien, et c’est soulagé que je prends la direction du parc à moto.

Attente pour le débriefing, et l’affichage des heures de départ. On ne rentre chez nous que vers 20h30 / 21h. Fin de la 1ère journée, et bonne nuit en perspective.

Le samedi matin …

Franck arrive à la maison vers 7h15. Le temps de charger 2 ou 3 choses (j’ai même faillis oublier mes feux pour la nuit), et on part direction La Suze. On y retrouve Alex, motivé et tout fou comme un gamin. Direction le parc fermé, on récupère les motos, attente avant le départ, et zou, direction Le Bugatti. On part vers 8h sur le sec, mais à mi-chemin, la pluie s’invite jusqu’au circuit. Arrivé là bas, beaucoup de monde, et les Elites sont encore là. Mauvais signe, ça veut dire qu’il y a eu un souci et qu’on va avoir pas mal d’attente. Un side-car a eu un accident. On aura donc le temps de fumer des cloppes, discuter car il faut faire passer toutes les sessions sur la piste.

Apres 1h30 d’attente (encore des chutes), c’est notre tour. La pluie c’est arrêtée, et le soleil est là. On a de la chance, car les Elites sont partis sous une pluie diluvienne. De loin, l’arrivée au Dunlop est impressionnante : un nuage d’eau ! Je ne sais pas comment les pilotes dans le peloton faisaient pour y voir quelque chose. C’est donc à notre tour. Départ pour le tour de reco des stands. Oula, que la piste est mouillée ! Mise en pré-grille pour le tour de chauffe. De retour sur la grille, le drapeau rouge est abaissé, les feux sont rouges et …… ils passent au vert. GAZZZzzzzz …. Mais pas trop quand même. Beaucoup de chute (sans gravité) durant cette session. Le soleil étant là, la piste brille. Je ne sens pas la moto, j’ai l’impression qu’elle glisse à chaque virage. C’est donc en mode lopette que je fais les 4 tours du circuit. Pas envie de m’en mettre une, il reste tout le rallye à faire.

Suite au Bugatti, direction Maison Blanche pour une tour de reconnaissance, et on reprend le routier. Et là, le pied intégral ! Les routes sont sèches, un superbe soleil. Le bonheur ! Avec Benjamin, on fait la liaison de 45 min en mode arsouille. On se dit que la spéciale va être sèche, donc ça compense le non-amusement du Bugatti. Et là, en se rapprochant d’Amné, on voit le ciel noir. Et 2 ou 3 kilomètres avant, quelques gouttes !! Le sort s’acharne contre nous. On arrive à la spéciale, il pleut, la piste est détrempée. A 10 min près, on passait sur le sec. Comme ont dit, quand ça veut pas …. On repart après la spéciale, et la route est sèche, donc retour en mode arsouille avec Benjamin. Le retour à La Suze en passant par Chaufour ne pose pas de problème, on pointe à l’heure à chaque CH.

On met les motos en parc fermé, et direction le camion d’Alex pour manger (il commence à faire faim, il est quand même 13h). On avait eu la bonne idée de ramener une gazinière, on a donc mangé chaud, ce qui n’est pas un luxe car le froid est quand même bien présent.

On doit repartir vers 16h pour la 2ème boucle, mais c’est dur de se remettre dans le bain après un bon repas. L’envie d’une sieste était bien présente J.

Le samedi après midi ….

C’est donc reparti pour une boucle, sans le Bugatti, mais avec 1 tour ½ de Maison Blanche. Cette boucle aura été celle de l’alternance …. Un coup du soleil, un autre de la pluie. On arrive à la spéciale, elle est presque sèche. On va pouvoir s’amuser. Cette spéciale se passe sans problème, il y a quand même quelques endroits bien humides et/ou plein de terre. Mais ça passe. Ensuite, direction Chaufour pour 15 min d’assistance, et sur une petite route en descente, averse de grêle !! Ça ne durera que quelques minutes, mais c’est suffisant pour voir une pellicule blanche sur la route. Après l’assistance de Chaufour, on reprend la route pour la fin de la boucle. Comme avant, c’est un coup sec, un coup humide, une fois du soleil, et ensuite une averse. Mais toujours en mode arsouille. Avec Benjamin, en arrivant à La Suze, on enlève les casques, et on a tout les 2 un grand sourire, allez savoir pourquoi …..

Je vais donc faire le plein de la moto, et je retourne au camion pour poser les affaires, et monter les longues portées. Heureusement, tout se passe bien, les feux fonctionnent dès le premier essai. Ensuite, retour de la moto en parc fermé, bon repas chaud dans le camion, et on tente de se reposer avant la nuit, qui s’annonce difficile. En effet, dans le ciel, de beaux nuages bien noirs approchent ….. Le programme sera sympa.

La nuit …..

Départ de La Suze à 22h, direction Maison Blanche pour 1 tour ½ de circuit. Avec Benjamin, on arrive avec quelques minutes d’avance, et on pointe. Entre temps, un concurrent me passe devant et pointe. Le problème, c’est qu’il vient de passer sur le tapis avec 5 min d’avance. Il croyait que la liaison devait se faire en 17 min, alors que c’était 22 !! Pas de chance.

On arrive sur le parking de Maison Blanche, et là, horreur : tous les concurrents sont là !! On part à la chasse aux infos. Les chronos sont tombés en panne dès le 1er concurrent. Résultats : tout le monde devra passer avant que ça soit notre tour, ce qui veut dire au moins 2h d’attente. Il fait froid, je suis à peine réveillé de repas du soir …. L’attente va être longue.

Après une bonne heure d’attente, une rumeur commence à monter : l’organisation devrait faire passer les NCA, puis les NCB, et si il y a encore du temps, les licences 1 épreuve, c’est-à-dire nous. ET si on ne fait pas la spéciale sur circuit, pas de routier de nuit, et on rentre à La Suze. Il est donc décidé de faire partir les NCA. En attendant notre probable passage, plusieurs concurrents jettent l’éponge et abandonne. Il ne pleut pas, la piste est “un peu sèche”. Va-t-on avoir la chance de rouler sur une spéciale correcte ? Non, à ce moment, la pluie commence à tomber, doucement, puis de plus en plus fort. Grrrrrr, quand les éléments se déchainent ….

Ça va être à nous de partir et là …. Un concurrent tombe au virage Ford, et perce sont carter. Résultat, plein d’huile sur la piste, juste au début du freinage. Intervention de la voiture de sécurité, mais surtout du camion “nettoyeur de gras”. Apres 1/2h d’attente supplémentaire, on nous donne le GO pour prendre la piste. Mais avant le départ, un commissaire nous annonce de faire attention au freinage car même si la piste est nettoyée, elle est toujours un peu grasse, donc il faut bien se tenir à droite de la piste. Allez zou, après l’attente, on a maintenant une boule au ventre. Et les pneus sont plus froids qu’une glace dans le congélateur. Départ pour cette spéciale, j’y vais mollo, voir même super lopette. Je ne sais plus quel temps je réalise, mais il est très mauvais. Pas grave, vu le déroulement de la journée, je n’en suis plus à chercher les chronos.

On sort de l’enceinte du Bugatti, et là, la pluie redouble d’intensité. Sur le bout de 4 voies nous menant vers Spay, la route est recouverte par l’eau, le vent nous projette vers les voitures, puis les rambardes de sécurité. Un grand moment de solitude où je me demande ce que je fou là !! La pluie s’arrêtera peu avant Maisons Rouges, mais le sol est détrempé. Va falloir speeder sur le routier, mais pas de trop non plus. En contournant La Quinte, on double 2 concurrents, puis un troisième. On arrive tant bien que mal au départ de la spéciale avec 1 min d’avance. On prend de suite le chemin de la spéciale qui, comme de bien entendu, est plus que humide.

Ensuite, direction La Suze pour le trajet retour, sans assistance à Chaufour. Le prochain CH est à 22 min, mais on ne voit pas trop où il est (forêt de Louplande). On roule fort, on double 2 concurrents, et on arrive enfin au CH. Je suis dans ma minute, mais Benjamin vient de dépasser la sienne de quelques secondes. Pas de chance, ça sera sa seule pénalité du rallye. On reprend vite les derniers kilomètres du routier, on échappe de peu à un carton car une voiture ne voulait pas enlever ses pleins phares (malgré nos appels), on était sous la pluie et sur une portion recouverte de plaques de goudron fondu ! On s’en sort tant bien que mal. Les derniers kilomètres sont dur, on sent la fin arriver, on a froid, on est trempé. On arrive enfin à La Suze, dans les temps. Il est 2h du matin. Ça fait 4h qu’on a quitté le point de départ. On est content ! Mise en parc fermé de la moto, et direction la soupe à l’oignon. Ça fait du bien de prendre quelque chose de chaud !!

Je retrouve les gars qui sont au camion, prend une petite bière (faut quand même pas se laisser mourir), et on discute du rallye. La pression retombe (pas la bière, suivez un peu quand même). Le temps d’aller chercher les motos en parc, monter celle de Franck sur la remorque, et celle d’Alex dans le camion, il est déjà presque 4h. Je repars à la maison en moto, et comme de bien entendu, je me prends une averse en arrivant sur Brains !! Tiens de l’eau, ça faisait longtemps ……

Résultat de ce rallye, Alex fini 22ème, Franck (pour sa 1ère participation) est à la 47ème place, et moi à la 77ème, malgré mes temps de merde sur les spéciales/circuit. Je ne prend pas de pénalité, alors que la nuit, beaucoup se sont perdu, et à raison de 15 sec par minute de retard, on peut perdre pas mal de place en peu de temps. Il y avait 130 concurrents au départ le matin, mais entre ceux qui ne faisait pas la nuit, et ceux qui ont abandonné, nous n’étions plus que 89 à la fin.

Voila, c’est la fin de ce rallye de La Sarthe. Les conditions météo n’ont pas été favorables, mais comme d’habitude, on c’est bien amusé.

Merci aux organisateurs, bénévoles, car eux aussi étaient sous la pluie/grêle/orage toute la journée et aussi la nuit.

Johan

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